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| Auteur: François-Henri BOLNOT | |||||||||
Introduction: La "cantine" a vécu, vive la restauration scolaire !
1881 : la loi "Jules Ferry" institue l'école laïque
et obligatoire. La même année, la ville de Paris accorde une
aide alimentaire "aux enfants pauvres qui fréquentent les établissements
scolaires"
A l'époque, la "cantine" est conçue
comme une oeuvre de charité. Après plus d'un siècle,
le chemin parcouru est immense mais le problème est le même
: nourrir dans les meilleures conditions enfants, adolescents et adultes
qui ne peuvent ou ne veulent regagner leur domicile pendant la pause du
déjeuner. C'est l'organisation de cette "Restauration Hors foyer"
(RHF) ou "Restauration Hors domicile" (RHD) qui incombe aujourd'hui
aux municipalités, aux collectivités et/ou à l'Education
Nationale en fonction de l'âge des convives et du type d'établissement
qu'ils fréquentent. La RHF accompagne le consommateur tout au long
de sa vie, depuis la crèche ou l'école maternelle jusqu'à
la maison de retraite, à travers toutes ses activités professionnelles,
familiales ou sociales. Elle intègre la restauration commerciale
(environ 15% des repas servis) et la restauration collective (85% des repas
servis) Hormis la restauration scolaire et universitaire, la restauration
collective comprend traditionnellement la restauration d'entreprise et d'administration,
le domaine médico-social (hôpitaux, cliniques, maisons de retraite
),
la restauration de loisir et certains secteurs spécifiques tels l'armée
ou l'univers carcéral. Sur un plan qualitatif, la RHF a subi depuis
quelques années une évolution fondamentale, véritable
révolution, suite à l'apparition de nouvelles techniques et
des produits issus de l'industrie agroalimentaire. La cuisine collective
traditionnelle respectait les trois préceptes du théâtre
classique : unités de temps, de lieu et d'action. Les préparations
réalisées étaient destinées à être
consommées sur place et sans délai.
La fin de la "cantine" d´antan Les "restaurants scolaires" ont progressivement remplacé
les "cantines " d´antan où chaque bénéficiaire d´une prestation
sociale recevait sa ration. Preuve en est : le vocable de "cantine", devenu
péjoratif, est aujourd´hui banni du vocabulaire de la communauté
scolaire. Pour autant, et dans de nombreux cas, le fonctionnement de l´outil
de restauration n´a pas été fondamentalement modifié. ![]() Avec les "cuisines centrales" la restauration scolaire a commencé sa révolution. Dans un souci de rentabilité, d'efficacité
et d'économie, l'idée de produire une grande quantité
de repas dans un lieu unique pour les distribuer sur les lieux de consommation
est apparue dans les années 60. C'était l'époque
des premiers "centres cuiseurs" ou "cuisines centrales".
Le regroupement de la production induit des économies d'échelle
et la livraison différée des repas permet la rentabilisation
sur l'ensemble de la journée de travail, des locaux, du matériel
et des équipes. Les repas sont préparés selon un
planning calqué sur les possibilités techniques des matériels. ![]() "Liaison chaude" ou "liaison froide", chacune a ses avantages et ses inconvénients Chaque technique possède des avantages et des inconvénients. Les arguments avancés pour l'une ou l'autre solution sont rarement neutres. Il est tout à fait possible de produire des repas sains et de qualité avec les deux techniques, à condition de bien les maîtriser et de tenir compte de leurs limites respectives. Le choix doit se faire à partir de critères techniques et financiers, en intégrant le contexte humain et les possibilités existantes, sans oublier que la solution la plus simple est bien souvent celle à privilégier. La production est déconnectée de la consommation.
Dans l'intervalle, les préparations culinaires sont maintenues
à plus de 63°C, sans rupture thermique. Les inconvénients
sont liés au respect, souvent délicat, de la "chaîne
du chaud" : En liaison froide, les denrées sont maintenues à +3°C durant le temps séparant la production (suivie immédiatement d'une réfrigération rapide) de la con-sommation (précédée d'une remise en température pour le plat chaud). Les avantages sont les suivants :
Les inconvénients évoqués de la "liaison froide" sont :
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La cuisine "d'assemblage" : de très nombreuses possibilités L'évolution des techniques de production limite
le travail en cuisine pour transférer une partie des tâches
en amont vers l'industrie agroalimentaire. Le recours à des matières
premières, de plus en plus élaborées, a permis de
supprimer une partie des opérations "à risque"
sur les sites de production : ainsi, l'utilisation des produits de quatrième
gamme (3) se traduit par la suppression des légumeries
(sources de contaminations) au profit de zones de désemballage/déconditionnement. (3) végétaux crus prêts
à l'emploi Contrairement à certaines idées reçues,
la qualité est indépendante du système choisi. Les
aspects qualitatifs sont souvent de faux arguments destinés à
justifier des choix effectués sur d'autres critères : Quelle
que soit la solution technique retenue, il est possible d'assurer un seuil
qualitatif et une régularité (4) correspondant aux exigences
du cahier des charges, qui doivent être précisés et
définir les attentes et les différents paramètres
de la prestation.
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![]() "Vade-mecum daide à la décision en restauration scolaire" (publié par la Mairie de Paris) sur le CD-ROM placé en annexe. |
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| Auteur: François-Henri BOLNOT - Michel NINAT | |||||||||
Choix technique et choix de gestion : deux choix totalement indépendants l'un de l'autre Bien que dans l'esprit du public la cuisine traditionnelle soit synonyme d'autogestion et la cuisine centrale en liaison froide associée à l'image des sociétés privées, les choix techniques sont en fait totalement indépendants du mode de gestion. Techniquement, le choix est simple : produire les repas ou les faire venir de l'extérieur. La même alternative se retrouve s'agissant du mode de gestion : gérer soi même les activités de restauration ou les confier à un prestataire. Le choix s'opère donc entre gestion directe et gestion déléguée. Gestion directe ou déléguée, comment se décider - La Gestion directe ou régie :
- La Gestion déléguée : concession ou affermage
:
En régie, la collectivité, en conformité avec
les règles financières et de comptabilité publique,
gère et organise directement le service avec ses moyens et son
personnel de droit public et/ou privé. Moyennant la conclusion
de marchés publics, elle achète des denrées, des
matériels, des équipements, des fournitures ou des services.
Elle assure elle-même l'exploitation du service de restauration
et supporte l'ensemble des charges. Elle encaisse auprès des
familles une participation financière. Choisir ce mode de gestion
implique la maîtrise de ces différents aspects. La diversité
et la complexité des tâches inhérentes à
la mission de restauration supposent un professionnalisme et des compétences
spécifiques. Ceci explique, pour partie, la nécessité
ressentie par certaines collectivités de rechercher l'assistance
technique de professionnels auprès de sociétés
spécialisées. L'étendue de la mission peut être
plus ou moins large, le ou les prestataires pouvant intervenir de façon
très diversifiée : prise en charge des achats et référencement
des produits et fournisseurs, formation et/ou encadrement technique
des personnels, fabrication et distribution des repas avec les outils
de la collectivité ou ceux de la société. La régie
est soumise aux règles de la gestion publique (règles
financières et comptables). La gestion déléguée est soumise
à une convention de délégation de service public,
contrat comportant des aléas de recettes dont dépend le
résultat d'exploitation, et un mode de rémunération
provenant obligatoirement des usagers. L'entreprise chargée de
l'exécution du service l'assure selon les méthodes de la
gestion privée. - La Concession ![]() | |||||||||
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- Les autres possibilités: Selon la jurisprudence, il existe deux autres types de
contrats assimilés à une délégation de service
public : les contrats de gérance et les contrats de régie
intéressée. Dans un contrat de gérance, la collectivité
confie à un gérant n'appartenant pas à son personnel,
un équipement, et le charge de le faire fonctionner moyennant une
rémunération forfaitaire, non fondée sur le résultat
d'exploitation. Le contrat de régie intéressée est
une forme d'exploitation dans laquelle la collectivité passe contrat
avec un professionnel pour faire fonctionner un service public. La collectivité
rémunère le régisseur par une rétribution
composée d'une redevance fixe et d'un pourcentage sur les résultats
d'exploitation, l'intéressement. La collectivité finance
les installations et assure le risque du déficit éventuel.
Le Conseil d'Etat (3) a par ailleurs admis la possibilité
que la gestion déléguée des services publics locaux
puisse faire l'objet de contrats innomés qui ne correspondent pas
nécessairement à l'une des quatre formes juridiques citées
précédemment. Le recours à la délégation doit résulter d'un choix raisonné que la Chambre régionale des comptes peut éventuellement demander d'argumenter, à l'occasion d'un contrôle. Plusieurs éléments sont à prendre en considération. Le financement :Les possibilités d'autofinancement sont bien souvent limitées. Le recours à un financement privé peut s'avérer une solution confortable, à condition de veiller à ce que l'équilibre financier soit respecté et que le coût payé par l'usager reste adapté. La maîtrise du service :Déléguer ne signifie pas abandonner la maîtrise du service. Le contrôle (4) du délégataire est un point essentiel qu'il convient de prévoir de façon très précise dans le contrat. La capacité technique et financière de contrôle par la collectivité doit être appréciée et étayée au besoin par des prestataires spécialisés. Les questions de personnel :Dans le cadre d'une délégation, le personnel qui travaille sur les sites de restauration n'est pas obligatoirement celui du délégataire. En effet, à l'exception du personnel chargé de percevoir la redevance auprès des usagers qui doit appartenir au prestataire, le personnel de la collectivité peut conserver ses missions. Les agents de la collectivité sont alors détachés auprès du délégataire. Les questions de statut, de respect du code du travail et de protection sociale doivent être examinées soigneusement et être intégrées dans le cahier des charges. Les considérations fiscales :La récupération de la TVA sur l'investissement, possible dans certaines formes de délégation, peut constituer un élément plaidant en faveur de ce choix. Le statut juridique :Le choix du mode de gestion, directe ou déléguée,
n'est pas directement lié au "statut ou support juridique"
du cadre de la restauration. Le support juridique, en effet, ne préjuge
pas de la manière dont l'activité est organisée. Par exemple, la régie directe
peut signifier à la fois fabrication de
repas par la collectivité ou achat de
repas à une société de restauration.
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