Culture & Patrimoine

Le cheval en mouvement

Les prémices de la chronophotographie

Georges-Claude Goiffon (1709-1776) et François-André Vincent (1746-1816)

  

   Contemporain de Lafosse et Bourgelat, Georges-Claude Goiffon, artiste et ingénieur de formation, contribue à la création de l'École vétérinaire d'Alfort et se charge de son organisation technique. Il devient un collaborateur de Bourgelat et il dispense des cours d'anatomie artistique avec l'aide du peintre Vincent.

Goiffon et Vincent, Mémoire artificielle des principes relatifs à la fidèle représentation des animaux tant en peinture qu'en sculpture. Première partie concernant le cheval (1779)
Goiffon et Vincent, Mémoire artificielle des principes relatifs à la fidèle représentation des animaux tant en peinture qu'en sculpture. Première partie concernant le cheval (1779)

   Cette collaboration se traduit par un ouvrage : Mémoire artificielle des principes relatifs à la fidèle représentation des animaux tant en peinture qu'en sculpture. Première partie concernant le cheval (1779), dont toutes les planches ont été réalisées par Vincent, en plus du tome V qu'il a achevé après la mort de Goiffon. Il s'agit du premier ouvrage jamais publié dans lequel l'anatomie du cheval est étudiée en connexion avec l'exacte reproduction et représentation du cheval dans tous ses mouvements.

Goiffon et Vincent, Mémoire artificielle des principes relatifs à la fidèle représentation des animaux tant en peinture qu'en sculpture. Première partie concernant le cheval (1779)

   Pour décomposer les allures, Goiffon et Vincent ont l'idée d'équiper les pieds des chevaux de fers de quatre formes différentes, de relever à l'ouïe les battues des sabots puis de les confronter aux traces du sol de manière à créer une sorte de portée musicale, dite échelle odochronométrique, représentant la succession des « posés » de pieds et les durées d'appui.

  

   Plus saisissants encore, les kinogrammes (comme celui ci-dessus) figurent la succession des positions d'un membre au cours d'une foulée, annonçant les travaux du physiologiste et biomécanicien Etienne-Jules Marey sur la chronophotographie, base technique de la cinématographie, au siècle suivant.