Culture & Patrimoine

"Le vray lieu des maladies"

A travers la présentation de trois auteurs

Cesare Fiaschi (1523-1568)

Fiaschi, Trattato dell'imbrigliare, atteggiare, & ferrare cavalli, 1603

   Fiaschi est issu d'une famille noble de Ferrare en Italie. En 1603 il publie le Trattato dell'imbrigliare dans lequel sont exposées les pathologies des pieds des chevaux. Ses idées, représentatives de l'enseignement napolitain de cette époque, seront rapportées en France par les écuyers La Broue et Pluvinel.

   Markham, dans son Maister-peece présentait déjà les différentes maladies des chevaux et leurs traitements, même si plus tard son ouvrage fut très largement critiqué : « C’est une boîte de Pandore qui est ouverte sur les pauvres animaux victimes des médications et interventions brutales conseillées. » écrit ainsi J. Lawrence en 1810.

René Baret de Rouvray

Baret de Rouvray, Traicté des chevaulx desdié à la Noblesse françoise, 1623

  

   La première édition du Traicté des chevaulx desdié à la Noblesse françoise du gentilhomme tourangeau René Baret de Rouvray (dates incertaines) a été publiée en 1623. Il a eu six ou sept éditions, avec des titres différents, telle que celle de 1654 intitulée La maréchalerie française ou Traité de la connaissance des chevaux, ou encore celle de 1661, La parfaite connaissance des chevaux et jugement de leurs maladies.

   Cet ouvrage se situe à la croisée des standards d'équitation et de médecine équine connus depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen Age d'une part, et des standards plus modernes auxquels adhèrent les auteurs des générations suivantes d'autre part.

Jacques de Solleysel (1617-1680)

Solleysel, Le parfait mareschal qui enseigne à connoistre la beauté, la bonté et les deffauts des chevaux, 1674

   Le Parfait mareschal, manuel destiné aux maréchaux éduqués, parut en 1664 et connut un fort succès. Il recense toutes les pratiques en matière d’élevage et de soins aux chevaux, en y ajoutant des considérations savantes tirées de la médecine de l'homme, et notamment la fameuse théorie des humeurs.

 

  En 1635, Solleysel va étudier à Paris et intègre l’Académie de Pluvinel. Par la suite, il enseigne l'équitation à de nombreux gentilshommes, dont Bernardi qui lui demande de venir dans son Académie : c'est ainsi qu'entre 1653 et 1658 Solleysel dirige l’Académie Bernardi qui est alors une des meilleures écoles d’équitation d’Europe.

  Dans Le Parfait Mareschal, Solleysel modifie les différents traitements traditionnellement proposés, retirant des recettes prouvées comme inefficaces tout en ajoutant des remèdes sains qu'il a rassemblés. Cependant, il n'est pas non plus exempt de tout reproche : il croit encore par exemple que la couleur de la robe du cheval, ses marques et épis sont autant d'indices de sa valeur et de son caractère ; en outre, il accorde du crédit à l'influence des étoiles et des signes du zodiaque.

 

   L'ouvrage est remanié et corrigé de nombreuses fois dans des éditions ultérieures. Il sera réédité une trentaine de fois pendant plus d’un siècle dans plusieurs langues.

La Guérinière, Ecole de cavalerie, II, 1736 ©VetAgro Sup

  Les planches sur cette page, issues de ces trois auteurs, reprennent une figure classique dans la bibliographie du XVIIe siècle, qui représente les parties de l’animal reliées par des lignes aux maladies. Au XVIIIe siècle, les lignes disparaissent, comme le montre cette illustration réalisée par Charles Parrocel, issue de l’Ecole de Cavalerie, ouvrage précédemment mentionné écrit par François Robichon de La Guérinière (1688-1751), écuyer de Louis XIII.