À l'occasion de ses 260 ans, l'École nationale vétérinaire d'Alfort a organisé une après-midi de débats réunissant dirigeants de la formation vétérinaire, enseignants, représentants de la profession et chercheurs. À travers deux tables rondes, les échanges ont permis de revenir sur les grandes transformations qu'a connues l'École depuis ses 250 ans en 2016 et d'explorer les évolutions qui façonneront l'exercice vétérinaire dans les années à venir.

Un temps fort des 260 ans d'Alfort

Le 17 octobre 2026, la communauté alforienne et ses partenaires se sont réunis pour « Regards croisés », un après-midi de tables rondes organisé dans le cadre du 260e anniversaire d'Alfort.

Pensée comme un espace d'échange et de réflexion, il s’agissait de mettre en perspective le chemin parcouru depuis les célébrations des 250 ans d'Alfort tout en ouvrant le débat sur les grands défis qui attendent l'enseignement vétérinaire et la profession au cours des prochaines décennies.

Dix années qui ont profondément transformé Alfort

Animée par Céline Gerster, directrice adjointe de l'EnvA, la première table ronde s'est attachée à retracer les évolutions majeures qui ont marqué l'établissement entre 2016 et 2026.

Aux côtés de, Marc Gogny, ancien directeur de l’EnvA et ancien chargé de mission national pour le concours vétérinaire post-bac, Henry Chateau, directeur adjoint de l’EnvA, Christophe Degueurce, ancien directeur de l’EnvA, Céline Mespoulhès-Rivière, responsable médecine et chirurgie à Alfort Normandie, les échanges ont permis de revenir sur une décennie particulièrement dense, marquée par un vaste mouvement de transformation.

Les intervenants ont rappelé qu'en 2016, Alfort achevait une période de redressement engagée quelques années plus tôt. L'établissement retrouvait alors une situation financière stabilisée et engageait une série d'investissements structurants pour son avenir.

Au cours de la décennie écoulée, l'école a connu des évolutions majeures et les anciens directeurs de l'établissement, Marc Gogny et Christophe Degueurce, ont notamment partagé leur regard sur cette période.

La formation a occupé une large place dans les échanges. Les intervenants sont revenus sur les évolutions pédagogiques récentes, avec l'introduction du référentiel de compétences, le développement de la simulation et des outils numériques, ainsi qu'une plus grande autonomie accordée aux étudiants.

La crise du Covid-19 a également marqué un tournant, accélérant ces transformations et renforçant l'attention portée à l'accompagnement des étudiants.

Le concours d'entrée post-bac a par ailleurs été cité comme une évolution majeure, contribuant à diversifier les profils recrutés au sein des écoles vétérinaires.

Les discussions ont aussi porté sur la structuration et le développement des hôpitaux vétérinaires qui ontconnu une forte croissance de l'activité clinique. Enfin, les intervenants ont dressé un premier bilan d'Alfort Normandie, ouvert en janvier 2025. Dédié à la santé équine et développé avec la Région Normandie, ce site regroupe les activités de soins, de formation et de recherche.

Pour les intervenants, cette implantation constitue l'une des évolutions stratégiques majeures de la dernière décennie. Elle permet à l'école de renforcer son ancrage au sein de la filière équine française tout en offrant aux étudiants et aux enseignants un environnement particulièrement adapté aux enjeux de la médecine du cheval.
  

Penser le vétérinaire de demain

Animée par Renaud Tissier, directeur de l'EnvA, la seconde table ronde a élargi la réflexion à l'ensemble de la profession vétérinaire.

Autour de Jacques Guérin, président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, David Quint, président du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL), Pierre Sans, directeur de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), Caroline Boulocher, directrice développement et innovation vétérinaire d’UniLaSalle, Annick Valentin-Smith, présidente de Vet In Tech, Juliette Hadchouel, directrice de recherche à l’Inserm, présidente du Conseil scientifique de l’EnvA, les débats ont porté sur les transformations du monde du travail et leurs conséquences pour la formation.

Les participants ont souligné l'évolution rapide des attentes sociétales, des organisations professionnelles et des pratiques de soin. Ils ont mis en avant la nécessité de préparer les futurs vétérinaires à travailler davantage en équipe, au sein de collectifs de santé animale toujours plus diversifiés.

Les enjeux démographiques ont également été largement abordés : attractivité de certains secteurs, répartition territoriale des vétérinaires, évolution des besoins de recrutement ou encore place croissante des diplômés formés à l'international.

L'intelligence artificielle, la télémédecine et les outils connectés ont occupé une place importante dans les discussions.

Si ces technologies ouvrent de nouvelles perspectives pour l'exercice vétérinaire, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer chez les étudiants les capacités d'analyse, de discernement et d'esprit critique. Plus que jamais, la maîtrise des fondamentaux scientifiques apparaît comme un socle indispensable pour interpréter, vérifier et contextualiser l'information produite par les nouveaux outils numériques.

Les participants sont également revenus sur les enjeux de santé globale, de prévention sanitaire, de biodiversité et de gestion des crises. Dans un contexte marqué par les épizooties et les risques émergents, le rôle du vétérinaire dépasse désormais largement le cadre du soin individuel pour s'inscrire dans une approche globale du vivant et de la santé publique.

Au terme des échanges, un constat commun s'est dégagé : malgré les mutations profondes auxquelles elle est confrontée, la profession vétérinaire dispose d'atouts solides pour relever les défis à venir.

Former des praticiens compétents, capables de s'adapter tout au long de leur carrière, de travailler en équipe, de maîtriser les nouvelles technologies tout en conservant un regard critique et une forte dimension humaine, apparaît plus que jamais comme la mission essentielle des écoles vétérinaires.

Une ambition qui guide l'EnvA depuis 260 ans et qui continuera d'accompagner son développement dans les décennies à venir.
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Une fin d'après-midi placée sous le signe du patrimoine

La journée s'est conclue par l'inauguration de deux instruments patrimoniaux de contention équine.

Table de Daviau (1889) : Cette table basculante permettait à l’opérateur d’intervenir sur un animal couché sur le côté, à hauteur d’homme

Travail-bascule de Vinsot (1899) : Cet appareil de contention impressionne par sa taille et sa robustesse. Il illustre l’inventivité d’un vétérinaire de Chartres, Édouard Vinsot (1856-1927, diplômé d’Alfort en 1878).

La reconstitution a été rendue possible grâce au musée du Pays Châtillonnais - Trésor de Vix (21), à la famille Desliens, au travail minutieux des rénovateurs (Villac Peinture à Estissac (10) et Établissements Arnoult à Châtillon-sur-Seine) et à l’Association des anciens élèves et des amis de l’École d’Alfort. L’EnvA les en remercie.
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Cela rappelle que l'histoire d'Alfort constitue un héritage vivant qui continue d'éclairer les évolutions de l'enseignement vétérinaire contemporain.