Quand l'impression 3D participe au traitement d'une fracture du bassin

Iona, chien femelle aujourd'hui âgée de sept ans, a bénéficié d'un traitement innovant pour traiter sa fracture du bassin : une impression 3D ! Découvrez son histoire.



Iona, chienne Braque allemand, est présentée à l’âge de six ans à l'hôpital des animaux de compagnie de l'EnvA, suite à un accident de la voie publique. La radiographie permet d’identifier de multiples fractures du bassin (photo 1) sans pour autant permettre d’en analyser toute la complexité. Un examen scanner avec reconstruction en trois dimensions permet en revanche de préciser le nombre, la taille et le positionnement des différents fragments osseux : Iona présente, entre autres, une fracture complexe de l’articulation de la hanche.

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Photo 1

Toute fracture articulaire expose à un risque d’incongruence - un contact anormal entre deux parties d'une articulation suite à la mauvaise réduction ou cicatrisation d'une fracture - avec un risque d’arthrose, c'est-à-dire à une destruction irréversible des cartilages articulaires. Aussi, la prise en charge d’une fracture articulaire, notamment lorsqu’elle intéresse une articulation porteuse majeure comme la hanche, implique de rétablir une continuité parfaite des surfaces articulaires par une reconstruction anatomique. Cette reconstruction peut constituer un défi chirurgical. L’implant orthopédique mis en place doit également autoriser une reprise rapide d’appui pour restituer précocement la fonction articulaire et limiter l’ankylose post-opératoire.

Le recours à une imprimante 3D

Dans le cas de lona, afin de faciliter l’intervention chirurgicale, le recours à une imprimante 3D (photo 2) permet de construire une maquette du bassin fracturé à partir du scanner. La pièce imprimée, obtenue en taille réelle, facilite la compréhension précise de la morphologie des différents fragments osseux et permet de prémodeler les implants orthopédiques après réduction des fragments du bassin modelé (photo 3). La plaque, spécifiquement contournée pour stabiliser la fracture de la hanche de Iona, est stérilisée en amont de l’intervention. Le prémodelage réduit considérablement le temps chirurgical ultérieur tout en offrant au chirurgien la certitude de travailler avec un implant de forme parfaitement adaptée au bassin à traiter.


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Photo 2


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Photo 3


Le jour de l’intervention, après un abord et une réduction délicate des fractures, la plaque est appliquée directement sur les os du bassin après quelques discrètes adaptations de sa forme. En post-opératoire immédiat, la forme du bassin est rétablie et la réduction de la fracture articulaire est satisfaisante (photo 4).

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Photo 4

Près d’un an après l’intervention, la récupération fonctionnelle est très bonne. Iona est capable de courir à nouveau. Sur les radiographies de contrôle, la fracture est totalement cicatrisée et aucun signe d’arthrose secondaire n’est visible à ce stade de l’évolution.

Technique innovante

L’impression 3D, obtenue à partir d’une imagerie tridimensionnelle telle que le scanner, est une technique innovante, en plein essor en médecine humaine mais aussi en médecine vétérinaire. Il est indéniable que cette technique présente un intérêt pédagogique mais aussi diagnostique et thérapeutique permettant d’offrir des approches personnalisées au patient.

La modélisation 3D obtenue par le scanner permet d’affiner la compréhension des fractures complexes. L’impression d’une maquette de l’os fracturé permet une planification pré-opératoire précise et facilite la réduction anatomique des fragments, la diminution importante du temps opératoire, limite le risque infectieux et minimise la morbidité associée aux interventions longues chez des animaux ayant subi un traumatisme récent.

>>> En savoir + : service de chirurgie de l'EnvA
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